Les aidants familiaux pour les nuls, le livre qui ne l’est pas (pour les nuls)!

couverture et quatrième de couverture du livre : les aidants familiaux pour les nuls

L’année dernière, j’ai fait de belles rencontres virtuelles, aussi intenses qu’en vrai ! Marina Al Rubaee en fait partie. C’est Sofia qui nous a présentées. Elle avait senti qu’entre nous, il y aurait des connexions, des points communs, notamment concernant nos expériences de la relation aidant-aidé. Marina sait de quoi elle parle car elle est co-auteur, avec Jean Ruch, du livre Les Aidants familiaux pour les nuls. Aussitôt en contact, j’ai demandé à Marina de découvrir son livre, afin de me rendre compte par moi-même des choix qu’ils avaient faits, en tant qu’experts de la question, pour venir en aide aux aidants.

LA COMPLEXITE DE L’AIDANT DANS LA VRAIE VIE.

Ce livre peut se lire de différentes façons. Il est à la fois une ressource informative, présentant des dispositifs institutionnels et leurs fonctionnements, et un recueil de témoignages concrets d’aidants, et ça, c’est la vraie vie ! Cet apport rend la lecture vivante et permet au lecteur de se positionner et d’identifier l’émotion qui vient à lui. Oui, car ce livre tient compte de l’être humain qui le lit. Il le considère dans la complexité de son rôle daidant. En tant que tel, nous avons besoin de faire des actes concrets chaque jour, pour venir en aide à nos proches, ce qui nous rend aussi vulnérables. Ainsi, ce livre tente d’amener, au-delà de l’information concrète et utile, du réconfort dans le cheminement d’aidant, et nous donne des pistes pour devenir l’aidant que nous voulons être.

Venir en aide  au quotidien, c’est s’inscrire dans la vie, et ça passe par la mise en avant des petits plaisirs qui la constituent. Les auteurs ont mis l’accent sur la musique. Ils nous partagent leurs chansons ressources. Mais il y a aussi le cinéma, avec une sélection de films qui nous permettent de pousser notre réflexion. C’est une autre lecture possible, pour identifier et comprendre les émotions que nous pouvons ressentir au quotidien, en soutenant notre aidé.

CHAQUE RELATION D’AIDE EST UNIQUE.

Ce que je retiens de ce livre, c’est que chaque relation d’aide est unique. Nous pouvons puiser dans tout ce qui existe pour construire notre propre relation à l’autre et, surtout, nous pouvons apprendre de l’expérience de chacun.

Maisons de répit, accueils de jour, groupes de parole, ou lignes téléphoniques dédiées, vous trouverez dans ce livre des informations précises pour démarrer vos démarches et savoir ce qui vous convient le mieux. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’accompagner, il y a la vôtre, celle qui fait sens pour vous et dans le respect mutuel.

Je réalise, après la lecture de ce livre, que j’accompagne vraiment ma grand-mère en fonction de qui je suis et de mes appétences. J’ai puisé dans mes ressources, mes expériences personnelles, mon discernement et j’ai surtout fait confiance !

QU’EST CE QUE LE DISCERNEMENT POUR UN AIDANT ?

D’après le Larousse, c’est la « Faculté d’apprécier sainement les choses ; intelligence, sens critique : Agissez avec plus de discernement. »

Pour chaque acte et décision à prendre pour ma grand-mère, je dois toujours mobiliser un tas de facteurs divers, sans me laisser happer par mes émotions, mes jugements ou ceux de mon entourage.

Je me demande toujours ce qui est le plus juste pour elle et, parfois, malgré ce qu’elle me dit ! Je prends toujours son avis en compte, je lui demande ce qu’elle souhaite. Malheureusement, il arrive que le poids de son histoire, de ses croyances s’invite dans notre conversation. Ce qu’elle m’exprime n’est alors pas toujours dans son intérêt. C’est pourquoi je fais confiance à mon discernement pour savoir ce qui est le mieux à faire, en tenant compte de ce qu’elle m’a communiqué, et toujours à son avantage.

C’est ce que j’ai fait, quand nous avons évoqué la livraison des repas à domicile, en septembre dernier. Je souhaitais mettre en place ce service pour qu’elle puisse manger plus varié et pour soulager mon père du casse-tête des courses.

Après avoir fait un pré-tri dans les structures qui proposent ce service sur notre territoire, je lui ai proposé de faire un essai avec le restaurant du centre de Rouillac. Il propose la livraison de repas aux personnes âgées habitant dans l’hyper-centre. Nous en avons parlé toutes les deux. Elle semblait ouverte mais…pour plus tard ! Pourquoi plus tard ? Et là, pas de réponse. En prenant le temps de discuter, j’ai compris que sa crainte était économique. Ainsi, je lui ai expliqué et montré, chiffres à l’appui, qu’elle pouvait se le permettre, même sans l’aide financière du département (qui n’est pas compatible avec la prestation de ce restaurateur). De plus, en faisant appel à lui, elle contribuait à l’économie de la ville où elle réside. Un vrai acte citoyen ! J’ai donc proposé de faire un essai sur 15 jours, pour tester le service et savoir si cela allait lui convenir. Nous avons ajusté les quantités, demandé à mouliner la viande. Et aujourd’hui, nous continuons à faire appel à eux. Mamie mange du fait-maison et, cerise sur le gâteau (facile !), une pâtisserie quasiment chaque jour.

J’ai fait confiance aux autres et à la vie. J’ai déployé un maillage d’aide humaine et logistique autour de ma grand-mère, avec une intention de partage de l’aide, en fonction de ce que chaque membre de ma famille se sentait capable et voulait bien faire pour elle.

Aujourd’hui, ce maillage est solide et soutenant et me permet de ne pas paniquer devant l’inconnu de la vie.

Merci à Marina, Jean et aux institutions qui ont permis à ce livre d’exister et de permettre à de nombreux aidants de mieux vivre cet engagement, essentiel à notre société. 

Si vous voulez en savoir plus sur Marina et Jean, vous pouvez les suivre sur leur blog et vous pouvez vous procurer ce livre dans toutes les bonnes librairies, pour un montant de 11,95€.

Et parce que LA VRAIE VIE, c’est aussi le nom du dernier Album de Bigflo et Oli, ces deux frères qui prônent des valeurs qui me sont chères, en tant qu’être humain et aidante, je vous partage un de leurs morceaux.

 

Merci – comme à la Cérémonie des Césars.

Manifester sa gratitude en un seu mot : merci

C’est le moment, pour moi, de vous expliquer pourquoi ce blog, au-delà du projet d’habitat pour ma grand-mère et de l’histoire de notre relation aidante-aînée. Ce blog, je le veux être un catalyseur de révélation : de ma révélation à moi-même avant tout.

Grâce à lui, j’identifie et je communique sur ce qui m’intéresse, et surtout sur ce qui a du sens pour moi.

C’est mon espace personnel, où je vous livre mes réflexions sur des sujets qui me touchent et/ou qui m’interpellent et, peut-être, par extension, qui peuvent également vous aider.

Le déclic a eu lieu à la mort de ma mère, avec cette nouvelle lecture de ma vie, sans elle, certes, mais avec tellement de choses merveilleuses par ailleurs. le déclic s’est surtout manifesté avec le besoin d’être moi complètement !

C’est un cheminement sur la durée avec des étapes, des défis, des renoncements et surtout des rencontres. Des mains tendues, bienveillantes, amicales, enthousiasmantes, qui me permettent de me révéler à moi-même et d’avoir osé me présenter à vous.

MANIFESTER SA GRATITUDE EN UN MOT : MERCI !

Ceci étant dit, est venu, pour moi, le temps des remerciements en cascades. Ambiance Cérémonie des Césars ! Eh oui, car j’aime remercier. J’aime dire avec enthousiasme et spontanéité ce qu’un geste, une intention me procure. Et précisément ici, je souhaiterais remercier ces mains tendues qui m’ont permis de vous transmettre qui je suis par ce blog.

Vous êtes prêt ? C’est parti !

Vous pouvez m’imaginer sur la scène de la Cérémonie des Césars ou, simplement, devant mon écran d’ordinateur (c’est moins glamour mais cela semble plus raisonnable !)

« Je voudrais remercier d’abord ma famille qui partage, respecte et honore mes valeurs de vie chaque jour. Même si les mots ne sortent pas toujours, car j’ai peur de blesser, c’est l’amour que je vous porte qui l’emporte à chaque fois.

Ma grand–mère, qui m’a accordé sa confiance.

Lorrie, qui a su capter, avec son objectif, la tendresse qui me lie à ma grand-mère.

Dandyman, qui partage ma vie, et qui a mis son talent à ma disposition, afin de réaliser ce logo comme je le voulais.

Sofia, qui m’accompagne, m’encourage, me rassure sur mes écrits, afin de, je l’espère, vous apporter un éclairage sur vos recherches ou pistes de réflexions personnelles.

Enfin, je vous remercie vous tous qui me suivez ici et me témoignez votre intérêt et vos encouragements. Lorsque je reçois des messages tels que : « ce blog, c’est vraiment toi ! » de personnes qui me connaissent de ma vie d’avant et en-dehors du blog, je me dis que mon intention est atteinte.

Cette aventure me nourrit et m’enrichit quotidiennement et c’est bien de cette façon que je souhaite l’étendre, dès à présent, à l’ensemble de ma vie, qu’elle soit personnelle ou professionnelle.

Je ne sais pas encore concrètement la forme ou les formes que va prendre cette future activité pro. Cependant, elle répondra à des besoins humains avérés, basés sur les croisements d’expertises diverses, dans le respect de tout et de tous.

Je souhaite faire de ma vie un écosystème où l’intelligence collective règne. Faire société, contribuer à son évolution profonde et surtout transmettre ce que la vie m’enseigne chaque jour.

Pour en savoir plus sur les photos de Lorrie vous pouvez les découvrir sur Facebook. Et en plus de faire de belles photos, elle est la fondatrice du bar à soupe la SOUPAPE à Angoulême.

Quant à Sofia je vous encourage à découvrir son univers sur son site.

Gratienne sur GRANDMAS PROJECT.

Gratienne sur GRANDMAS PROJECT.

Emilie m’a partagé la vidéo de promotion du Grandmas Project et vous imaginez bien que j’ai adoré ! Grandmas Project est un site internet à l’initiative d’un réalisateur, qui vise à rendre hommage à toutes les grand-mères du monde, autour d’un sujet qui met tout le monde d’accord : la CUISINE !

Il invite des réalisateurs du monde entier à produire une vidéo de 8 minutes de leurs grand-mères en train de partager leur recette de cuisine préférée !

Avec cette web-série, il nous invite à porter un regard tendre et bienveillant sur la transmission de nos grands-mères.

Les vidéos que j’ai découvertes montrent des femmes qui parlent d’elles, de leurs histoires personnelles reliées à la grande histoire par l’intermédiaire des yeux pleins d’amour de leurs descendants. C’est l’espace-temps de la transmission, où ce qui doit être dit et vu restera ! Ces grands-mères sont parfois drôles, mélancoliques, nostalgiques, tendres, caustiques, elles sont de vraies bouffées de vie !

Je ne suis pas réalisatrice mais je me devais de contribuer en présentant Gratienne sur le Grandmas Project !

Ma grand-mère ne cuisine plus, mais si c’était le cas et si j’étais réalisatrice, je lui demanderais sa recette des îles flottantes ! C’est vraiment cette recette qui jaillit de mes souvenirs d’enfance, à l’époque où, pour elle, cuisiner faisait partie de nos rituels familiaux. Et puis, il y a eu peut-être moins d’envie de sa part : le dessert de nos repas familiaux est devenu une Viennetta menthe-chocolat ou vanille-chocolat.

Cette année, à l’occasion des fêtes de Noël, ma sœur avait espéré faire elle-même cette Viennetta familiale ! C’est partie remise. Peut-être que nous arriverons à la faire pour les 86 ans de Gratienne, que nous célébrerons ensemble au mois de Mars !

Si nous réussissons à faire ce dessert hommage lors de notre week-end en famille prévu pour l’occasion, je vous promets de vous tenir au courant !

Longue vie au Grandmas Project ! Si vous voulez contribuer à votre tour, c’est par ici : http://grandmasproject.org/fr/

 

La communication est essentielle au bien vieillir.

Ma voisine et amie, Laure, est orthophoniste. Elle m’a fait parvenir la vidéo ci-dessous, qui date du mois de Décembre 2015 : ce film est une ALERTE COMMUNICATION, destiné à tou-te-s nous sensibiliser à son importance pour nos aîné-e-s, afin d’éviter l’isolement, de restaurer le lien social et de maintenir la dignité de tous.

Cette vidéo est le fruit du travail de spécialistes des pathologies de la communication, qui aident la personne âgée dans ses difficultés. Par contre, c’est bien l’entourage proche des aîné-e-s qui peut œuvrer quotidiennement pour prévenir des risques d’isolement et du déclin cognitif.

Ce film propose 3 préconisations-clefs pour aider au mieux à la communication de nos aîné-e-s et il s’avère que je peux témoigner, ici, de la forme que prennent ces préconisations dans ma façon de communiquer avec ma grand-mère.

PRÉCONISATION  1

Favoriser le plaisir de l’échange entre les générations et les interactions plurielles, variées et ajustées pour éviter l’isolement.

Le jour de Noël est vraiment, pour ma grand-mère, le summum de ce rendez-vous d’échanges pluriels et variés. C’est le moment où elle côtoie, dans la même pièce et dans le même temps, plusieurs générations. De plus, cette année, nous l’avons fêté chez son plus proche voisin : mon père ! Je pense que nous étions au top de l’organisation pour elle. Elle a ainsi profité de l’ensemble des convives à sa guise. Et elle a pu rentrer chez elle, au moment où elle le souhaitait !

Elle leur a également offert les cadeaux qu’elle avait choisis elle-même, quelques jours avant, lors d’un marché de Noël de proximité. D’ailleurs, merci au 27 pour cette initiative !

Ma nièce de 14 ans, en la raccompagnant chez elle pour découvrir sa maison, a rencontré son chat Capucine. Elle qui adore les animaux, s’est proposée de la peigner. Et c’est avec grand plaisir que ma grand-mère l’a laissée faire, alors qu’elle n’en a pas forcément la force.

Il y a aussi ce moment où mon fils s’est mis à faire des photos avec elle, en utilisant les filtres snapchat. Quel plaisir de la voir rire aux éclats en se découvrant déguisée pour l’occasion !

Les technologies de communication qui l’entourent, l’étonnent ! Ordinateur, smartphone, tablette, elle a bien compris que nous y étions tous accros. Elle se rend aussi compte que ça fait partie de notre vie d’aujourd’hui et qu’il est bien difficile de faire sans !

PRÉCONISATION 2

Favoriser les conditions de l’appétit et de l’appétence à la communication en mettant en avant le plaisir lors des repas et des échanges (sous différentes modalités).

Repas de fêtes, d’anniversaires, goûters ou seulement thés du dimanche après-midi, toutes les occasions sont bonnes pour nous retrouver avec elle, et partager un bon repas, voire une petite coupette ! Ce qu’apprécie ma grand-mère, avant tout, dans ces multiples formes de repas, c’est la convivialité ! Et, dans ma famille, elle passe par une coupe de champagne pour ouvrir le repas et un verre de vin pour l’accompagner. Nous avions aussi pris l’habitude d’aller au restaurant tous ensemble pour son anniversaire. Aujourd’hui, nous avons aussi appris à nous adapter à son état de santé. D’ailleurs, le choix du restaurant, au-delà de l’aspect culinaire et du budget, doit aussi être pensé en termes d’accessibilité. Il faut pouvoir se garer au plus près, éviter trop d’escaliers et avoir des toilettes praticables pour une personne âgée. Angoulême dispose de nombreux restaurants agréables mais, malheureusement, le centre-ville induit souvent ce genre d’inconvénients.

PRÉCONISATION 3

Prévenir les risques en utilisant des adaptations, des prothèses sensorielles ou motrices pour favoriser l’autonomie (comme les lunettes ou les appareils auditifs par exemple).

Ma grand-mère est appareillée de prothèses auditives depuis déjà quelques années. Son audition a diminué entre son premier équipement et celui d’aujourd’hui mais la qualité des appareils actuels nous permet d’avoir un vrai échange.

Je me rappelle la période intermédiaire, où elle venait accompagnée de mes parents, en Charente, pour les fêtes de Noël. Lors des repas, elle était là avec nous, physiquement seulement : elle ne nous entendait pas et ne pouvait donc pas nous répondre. Déjà que la distance géographique ne nous aidait pas à créer du lien, cette situation la frustrait autant que nous !

Heureusement, aujourd’hui, cette situation est révolue avec la qualité de son matériel. Nous avons mis en place une révision de ses appareils tous les 6 mois : cela permet de les entretenir (nettoyage et changement d’un petit tube de plastique), d’en vérifier les réglages électroniques et de faire le point sur son audition, dans l’idée de faire perdurer le plus longtemps possible cet investissement réalisé en 2015.

Elle a également des lunettes qu’elle vient juste de changer. Elle a perdu la vision totale de son œil droit, mais a conservé une vision de 7 à son œil gauche. Elle se plaignait de voir de moins en moins bien depuis son hospitalisation en mai dernier.

J’avais bien eu l’idée de prendre un rendez-vous chez un ophtalmo au plus vite. J’ai été ralentie dans mon élan par la présence de l’appareil à oxygène auquel elle était branchée 24H/24H. J’ai finalement pris un rendez-vous au mois de Septembre, pour le mois de Décembre. Et encore, c’était rapide ! Nous sommes venues pour un bilan de la vision et sommes reparties avec un traitement laser au passage, ce qui nous a obligées à revenir 8 jours plus tard, pour obtenir l’ordonnance nécessaire au changement de lunettes.

Ces nouvelles lunettes (comme le traitement au laser) n’ont pas amélioré sa vision qui reste stable. Par contre, cela nous a permis de vivre des moments privilégiés toutes les deux. Elle a choisi elle-même l’esthétique de ses nouvelles lunettes et elle est entrée en interaction avec une multitude de personnes différentes, qui l’ont toutes traitée avec égard.

Merci encore à Laure de m’avoir partagé l’existence de cette vidéo. N’hésitez pas à la diffuser à votre tour autour de vous : c’est ça, la communication !

Et vous, quels sont vos rituels familiaux propices à la communication avec vos parents ou grands-parents ?

COCO, c’est moi Miguel !

 

Durant les vacances de Noël, j’ai accompagné mon fils au cinéma pour voir COCO, le dernier film d’animation de Pixar et Walt Disney, sorti en salle le 29 Novembre dernier. C’est l’histoire de Miguel, qui veut croire et réaliser son rêve de devenir musicien, malgré l’interdiction de sa famille !

C’est une histoire sur la transmission familiale, qui se construit sur une blessure du passé. C’est surtout l’histoire de l’amour familial et du lien intergénérationnel, au-delà de la mort.

Mon fils a 12 ans, comme le personnage principal, mais lors de la séance, je me rends compte que Miguel, c’est moi !

Sa passion qu’il ne s’autorise pas à vivre de peur d’être mis de côté par sa famille, sa passion qu’il doit exposer au grand jour, et aussi, cette quête d’être autorisé par ses pairs à la vivre ! Ce film, c’est aussi une fenêtre sur une autre culture que la nôtre, pour célébrer la mémoire de nos morts.

Et c’est avec émerveillement que j’ai découvert la tradition de Dia de los MuertosLe Jour des Morts. Chaque année, lors de cette nuit, les Mexicains rendent hommage aux disparus, afin de les accueillir pour partager un moment avec eux dans le monde des vivants. C’est une vraie fête où les enfants, les adultes et les aînés se retrouvent pour honorer leurs origines.

Jusqu’à présent, je fêtais Halloween avec famille et amis. Les déguisements, les maquillages étaient prétexte à utiliser notre créativité familiale pour passer une bonne soirée.

Par contre, avec Dia de los Muertos, je trouve un écho à mon besoin de rendre hommage aux disparus de ma famille. De rendre leur présence parmi nous visible. J’aime beaucoup l’idée des photos sur un autel, entourées de toutes les choses qu’ils aimaient. Même si, pour moi, la photo n’est peut-être pas nécessaire. Depuis la mort de ma mère, j’essaie de toujours avoir une orchidée à la maison, surtout à la date anniversaire de sa mort. C’est une fleur qu’elle aimait énormément, et qui l’a accompagnée avec abondance le jour de sa crémation. Cette année, c’est ma grand-mère qui me l’a offerte, c’était encore plus fort de symbole pour moi.

Pour ma grand-mère, les photos représentent son lien entre les vivants et les morts, elles l’accompagnent, l’entourent dans son quotidien. Elles lui permettent de stimuler sa mémoire et de créer une interaction avec toute nouvelle personne qui lui rend visite :

« C’est ma famille, je veux les avoir avec moi ! »

D’ailleurs, elle m’a exprimé le besoin d’en rajouter : il manque encore quelques personnes vivantes et mortes pour compléter son mur du « souvenir » !

Pour en revenir au film, le personnage touchant de Mama Coco, l’arrière-grand–mère de Miguel, est le dernier lien vivant avec le souvenir de son arrière- arrière-grand-père, son père à elle.

Elle est la seule à se souvenir de cet homme, que toute la lignée suivante a décidé de bannir de la mémoire collective. Ce musicien , parti par amour pour son art, n’est jamais revenu auprès des siens et a provoqué cette blessure profonde, que Miguel subit encore deux générations plus tard !

Mama Coco vit avec les siens. Elle est présente à chaque moment de la vie familiale, depuis sa chaise roulante, somnolente et le visage apaisé.

Je me suis reconnue dans ce lien de tendresse que Miguel tisse avec elle. Il lui raconte les anecdotes de sa vie, il fait le pitre devant elle, impassible sur sa chaise, avec toujours la même expression sur le visage. Elle est là physiquement mais son esprit n’est pas connecté au mouvement de la vie, qui s’agite sous ses yeux clos. Pourtant, elle s’éveillera et communiquera quand Miguel chantera la chanson que son père chantait seulement pour elle, quand elle était enfant !

Ce film m’a chamboulée, pour l’ensemble des thèmes et des valeurs qu’il met en lumière. Je suis vraiment heureuse d’avoir partagé ce moment avec mon fils, afin de lui transmettre mes propres valeurs familiales et lui dire que, quels que soient ses choix, que je les partage ou pas, il aura toujours tout mon amour, ma bienveillance et mon soutien. J’espère que notre histoire commune sera une base solide pour qu’il puisse construire la sienne à son tour !

le plus beau des cadeaux !

Samedi, en me rendant chez ma grand-mère, j’ai trouvé une grande enveloppe kraft, avec une écriture manuelle, qui attendait dans la boîte aux lettres.

– Bonjour Mamie ! Regarde, tu as reçu une lettre aujourd’hui. Elle vient de Normandie !

– De Normandie ?! Ouvre-la, s’il-te-plaît !

Je n’avais pas la moindre idée de ce que nous allions découvrir dans cette lettre, et je ne vous cache pas ma joie en découvrant 2 photos format A4 de… tombes !

Oui, de la joie, vous avez bien lu ! Car ce n’étaient pas n’importe quelles tombes, c’étaient celles de mon grand-père et de mon oncle.

Ces tombes se trouvent en Seine-et-Marne, dans une petite commune de 521 habitants, où mes grands-parents avaient posé leurs valises, pour profiter d’une retraite bien méritée.

Je ne connais pas bien cette commune : elle était seulement le lieu de mes vacances scolaires jusqu’à mes 13 ans environ. Eh oui ! Passé cet âge, j’avais d’autres préoccupations que de prendre mon vélo et de chercher l’endroit idéal, dans les bois tout proches, pour y construire la plus belle des cabanes.

Pour ma grand–mère, cette commune, c’était chez elle ! Elle y avait sa maison, ses poules, son jardin… et le cimetière, où mon oncle fut rejoint, quelques années plus tard, par mon grand-père. Elle s’y rendait une fois par semaine. Elle prenait le temps de nettoyer les tombes, et de partager un moment avec eux. C’était devenu une habitude, un rituel.

Quand elle s’est installée en Essonne, près de mes parents, elle a continué de s’y rendre, mais seulement quelques fois dans l’année, surtout à la Toussaint, pour y mettre des fleurs artificielles.

– Tu sais, Magalie, les vraies fleurs, c’est bien, mais ça ne dure pas, contrairement aux artificielles !

Il a fallu un petit moment à ma grand-mère pour appréhender les photos et leurs détails, mais une fois ce temps pris, c’est avec émotion qu’elle s’exprima :

– Tu te rends compte Magalie, il y a quelqu’un qui pense à eux et à nous, on n’est pas abandonnés!

– Je vois que ça te fait plaisir ces photos, je suis vraiment contente pour toi ! Es-tu rassurée de voir que leurs tombes sont en bon état ?

– Oui, regarde : je me rappelle avoir choisi ces fleurs jaunes sur la tombe de ton grand-père. Elles sont comme des roses, mais ça n’en est pas ! On voit bien aussi les inscriptions !

Il se dit qu’une tombe est « une dernière demeure », et je réalise que, pour ma grand-mère, cette expression prend tout son sens : c’est bien l’endroit où elle aimait « rendre visite » à son mari et à son fils pour prendre soin d’eux. C’est là-bas qu’elle souhaite les retrouver, le moment venu. Et il en sera ainsi.

Merci à Anne-Marie, la bienfaitrice qui a rendu cela possible. Il s’agit d’une amie de la famille, qui vit en Normandie, et qui a saisi l’occasion d’un déplacement en région parisienne, pour faire un crochet par leur « maison ». Elle ne pouvait pas imaginer lui faire un plus beau cadeau qu’en accomplissant ce détour sur le chemin de la mémoire.

Ma première fois au Café des Aidants.

ma première fois au café des aidants

Au mois d’octobre dernier, je me suis rendue pour la première fois au Café des Aidants d’Angoulême. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Mais ce qui était sûr, c’est que je ne risquais rien à en faire l’expérience.

Le rendez-vous était fixé à 10h. Je suis arrivée devant une porte close, où une dame attendait également, et je l’ai abordée :

– Bonjour, Madame, vous venez au Café des aidants ?

– Oui, mais j’ai tenté de pousser la porte et elle est fermée !

– Oui, je vous le confirme, elle est bien fermée !

A ce moment-là, un Monsieur, qui mettait des pièces dans un parcmètre, nous a interpelées :

– Il y a une autre entrée sur l’autre rue !

– Merci Monsieur ! Vous y allez peut-être aussi ?

Pas de réponse de la part de ce monsieur. Sans attendre davantage, nous avons décidé de chercher ensemble cette fameuse entrée. J’ai ralenti mon pas, qui était bien trop long pour ma nouvelle compagne.

Effectivement, l’autre porte était toute proche et donnait bien sur un vrai café !

La première fois dans un lieu, avec des convives inconnus, est toujours un mélange de gêne et d’interrogations sur l’identité de chacun.

Par contre, ce sentiment a été vite dissipé par la bienveillance de nos hôtes du jour : Claire, infirmière coordinatrice, et Dominique, psychologue clinicienne. Elles nous ont mises à l’aise en se présentant et en nous offrant un café !

Nous étions une dizaine de personnes : il y avait les « fidèles », les « fidèles » qui n’étaient pas venus depuis longtemps, comme le monsieur du parcmètre, et les nouveaux, dont je faisais partie, avec la dame que j’avais rencontrée quelques minutes plus tôt.

Nos hôtes nous ont expliqué que ce rendez-vous est organisé par la Mutualité Française Poitou-Charente et l’Association des Aidants.

Sur Angoulême, le choix d’organiser ce rendez-vous le Samedi matin a été fait afin d’être accessible au plus grand nombre d’entre nous. Eh oui ! Etre aidant a plusieurs visages et plusieurs degrés d’implication. Nous pouvons être époux (se), enfant, ami(e), petits-enfants, voisin(e). Nous pouvons aider une personne malade, un enfant ou un adulte handicapé, une personne âgée.

Ces rendez-vous ont lieu tous les troisièmes samedis du mois et se déploient autour d’un thème particulier.

Ce thème permet aux personnes présentes de pouvoir s’exprimer plus particulièrement sur un aspect de leur vie d’aidant. Nous pouvons aussi aborder tout autre sujet de notre quotidien ou de notre ressenti, tant que nous restons dans le respect du temps de parole de chacun, la confidentialité des situations de nos aidés et, surtout, sans jugement de celui qui prend la parole. Et nous pouvons, aussi, ne rien dire, être à l’écoute, accueillir les sentiments de nos convives et, parfois, nous reconnaître dans leur expérience.

Le thème du mois d’octobre était :

« Emotions et réactions : comment les gérer ? »

Nos hôtes nous ont proposé de choisir, parmi des photos étalées devant nous, celles qui représentaient le plus nos émotions d’aidants. Nous pouvions en choisir plusieurs.

Puis le tour de table a commencé. En partant du témoignage des plus courageux, la conversation a rebondi d’expérience en expérience. Chacun s’est exprimé, et c’est toute la palette d’émotion que l’être humain peut ressentir dans ces contextes qui est apparue : culpabilité, injustice, incompréhension, désarroi face à la vieillesse, la maladie et leurs conséquences. Notre proche n’est plus, et ne sera plus, la personne que nous avons connue, aimée et qui nous a, aussi, parfois, tellement soutenue en d’autres temps.

Autant de situations humainement difficiles et différentes, que nous devons accepter pour les aider à finir, au mieux, leur vie parmi nous, tout en ayant conscience de notre vulnérabilité face à nos propres limites. Une fois celles-ci identifiées et acceptées, il existe des relais extérieurs institutionnels, associatifs et professionnels, pour être soutenus dans notre quotidien et nous permettre de préserver les petits moments de bonheur de vie partagés qui existent encore.

Ce rendez-vous m’a permis de m’exprimer sur mon expérience personnelle, sur mon cheminement dans ce rôle d’aidant, et sur ce que j’ai mis en place pour ma grand-mère. Cela m’a permis d’avoir les retours de mes semblables, de susciter encouragements et questionnements sur leur propre expérience, même pour ceux portés par l’amour de leur proche et qui, malheureusement, ne vivent pas la même chose que moi. Certains se démènent au quotidien, pour maintenir la dignité de la vie, dans l’isolement et, parfois, jusqu’à leur propre épuisement.

En tout cas, je vous recommande ce rendez-vous libérateur et ressourçant.

Nos hôtes ont été à notre écoute, bienveillantes, rassurantes et vigilantes, afin de pouvoir amener un conseil personnalisé à la fin de notre rencontre, à ceux qui se trouvent en grande détresse.

Vous pouvez retrouver plus d’informations ici : http://www.aidants.fr/vous-etes-aidant/participer-action-pres-de-chez-soi/cafe-aidants

Et plus particulièrement pour celui d’Angoulême :

Troisième samedi du mois.

Café la Colombière – 5, rue d’Aguesseau – 16000 Angouleme

http://www.aidants.fr/sites/default/files/cafe_des_aidants_angouleme_2eme_semestre_2017.pdf

 

L’esprit de famille, sans terre et sans racines.

photo de E.BENARD

J’ai un rapport à l’habitat qui est intimement lié à l’épanouissement de l’esprit de famille.  La maison doit être facile à vivre dans ses usages au quotidien, et modulable dans sa façon d’accueillir tous les membres d’une même famille. Chacun doit se sentir chez lui, à son aise ! Que nous soyons à demeure ou en visite, chacun doit jouir d’un espace suffisant pour ne pas imposer sa présence à l’autre et, en même temps, partager des moments de convivialité tous réunis.

Je vous concède que c’est facile pour moi d’avoir cette considération, car je vis en Charente, où le prix du m² me permet de me préoccuper du luxe de l’espace. La Charente justement, cette région que j’ai choisie, ou plutôt, qui m’a choisie, pour que je puisse goûter le luxe de l’espace afin d’y planter mes racines ! Moi qui suis, sur le papier, Normande (et qui vis avec un Picard !), je me sens à ma place ici. Avant de découvrir cette sensation d’être pleinement où je dois être, j’avais la sensation de n’être de nulle part, sans appartenance réelle à une région, notamment à ma région natale : la Normandie. J’en avais une représentation de carte postale, composée de pommiers, de vaches et où le calva et le cidre coulent à flot. Pourtant, mes cousins, mes oncles et tantes me rappellent, à chaque fois que nous nous retrouvons, mon appartenance à cette région.

En fait je n’étais pas sans racines mais déracinée.

A l’âge de 3 ans, je suis partie de Normandie pour la région parisienne, en vivant un changement de lieu d’habitation tous les 3 ans en moyenne. Petit, vieux, atypique, inadapté à la taille de ma famille, nous devions nous habituer rapidement à chaque nouvelle ville et nouvel espace, et pallier systématiquement ce qui nous manquait, pour que chacun puisse y trouver sa place. Une chambre en moins, une salle-de-bains au fond d’une cour, un manque de rangement… Mes parents qui travaillaient beaucoup et étaient peu présents à la maison avec nous, s’arrangeaient toujours pour que ces désagréments d’habitat soit compensés. Cela passait par l’achat de mobilier ou de petites rénovations en fonction de leur énergie et de leurs moyens du moment.

Ainsi, être chez soi, c’est avoir un espace qui comble nos besoins premiers, en fonction de notre situation de vie et qui permet à l’esprit de famille de s’y épanouir ! La maison devient lieu de vie et de convivialité le temps d’un repas, d’un week-end ou de vacances partagés en famille. Le temps et l’espace ne doivent pas être des freins au plaisir d’être ensemble.

A présent que ma grand-mère est installée chez elle, c’est avec enthousiasme que je m’apprête à accompagner mon père afin que sa maison gagne en lumière, en fluidité de déplacement et surtout qu’elle devienne le point d’ancrage charentais pour toute ma famille Normande !

Le fauteuil de Gratienne.

Ma grand-mère a un lien affectif particulier avec certains de ses meubles. Au-delà de leur fonction, ils sont les souvenirs et les symboles de son chemin de vie.

Il y a son lit, son armoire de chambre-à-coucher et son fauteuil ! Ce sont les objets que je me suis efforcée de conserver et d’intégrer dans sa nouvelle habitation.

Son fauteuil, c’est la pièce maitresse de son environnement de vie quotidienne. C’est sa tour de contrôle ! Elle y passe tout son temps.

Il est confortable, un peu avachi par les années et il est électrique. Mais elle n’utilise pas cette fonctionnalité, que j’ai pourtant tenté, à plusieurs reprises, de lui montrer, surtout pour qu’elle puisse en sortir plus facilement, mais rien à faire ! Peut-être qu’elle ne l’utilise pas car elle l’associe au lit médicalisé, ou, tout bonnement, parce que cette grosse télécommande a du mal à cohabiter avec elle sur l’assise !

Ce fauteuil, c’était aussi celui de Clément, son mari, qui n’en a malheureusement pas beaucoup profité.

Pourtant, aujourd’hui, ma grand-mère m’a manifesté le souhait de, peut-être, acquérir un nouveau fauteuil pour la nouvelle maison ! Le temps a dû faire son œuvre pour que ce fauteuil ne soit plus associé au souvenir de mon grand-père mais reprenne juste sa place de meuble !

Voilà ma nouvelle mission pour 2018 : l’accompagner à choisir son nouveau fauteuil : matière, couleur, fonctionnalité au programme ! Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes découvertes !

 

Le notaire, un vrai conseiller.

Avec ma sœur, nous nous sommes demandées comment mon père et ma grand-mère pouvaient acquérir une maison ensemble. Très naturellement, je me suis adressée au notaire auquel j’avais fait appel pour l’acquisition de ma maison.

J’ai ainsi pris rendez-vous avec lui, afin de lui expliquer notre idée du projet et avoir son avis sur les meilleures options à prendre pour notre cas particulier.

Eh oui ! Le notaire est un passage obligé pour les achats et les ventes immobiliers mais il a surtout un rôle de conseil pour toutes les questions relatives au patrimoine et aux intérêts familiaux.

 Il a écouté notre histoire, le contexte et m’a conseillée ce qui lui semblait être le plus juste, en fonction des lois en vigueur.

Nous avons ainsi établi la trame du futur acte d’achat, avant même de signer le compromis de vente.

En sortant de ce rendez-vous, j’ai eu le sentiment d’avoir gagné en temps et en sérénité pour continuer à avancer sur les autres étapes du projet.

Ce conseil est gratuit, ne vous en privez pas !

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur : www.notaires.fr