Les aidants familiaux pour les nuls, le livre qui ne l’est pas (pour les nuls)!

L’année dernière, j’ai fait de belles rencontres virtuelles, aussi intenses qu’en vrai ! Marina Al Rubaee en fait partie. C’est Sofia qui nous a présentées. Elle avait senti qu’entre nous, il y aurait des connexions, des points communs, notamment concernant nos expériences de la relation aidant-aidé. Marina sait de quoi elle parle car elle est co-auteur, avec Jean Ruch, du livre Les Aidants familiaux pour les nuls. Aussitôt en contact, j’ai demandé à Marina de découvrir son livre, afin de me rendre compte par moi-même des choix qu’ils avaient faits, en tant qu’experts de la question, pour venir en aide aux aidants.

LA COMPLEXITE DE L’AIDANT DANS LA VRAIE VIE.

Ce livre peut se lire de différentes façons. Il est à la fois une ressource informative, présentant des dispositifs institutionnels et leurs fonctionnements, et un recueil de témoignages concrets d’aidants, et ça, c’est la vraie vie ! Cet apport rend la lecture vivante et permet au lecteur de se positionner et d’identifier l’émotion qui vient à lui. Oui, car ce livre tient compte de l’être humain qui le lit. Il le considère dans la complexité de son rôle daidant. En tant que tel, nous avons besoin de faire des actes concrets chaque jour, pour venir en aide à nos proches, ce qui nous rend aussi vulnérables. Ainsi, ce livre tente d’amener, au-delà de l’information concrète et utile, du réconfort dans le cheminement d’aidant, et nous donne des pistes pour devenir l’aidant que nous voulons être.

Venir en aide  au quotidien, c’est s’inscrire dans la vie, et ça passe par la mise en avant des petits plaisirs qui la constituent. Les auteurs ont mis l’accent sur la musique. Ils nous partagent leurs chansons ressources. Mais il y a aussi le cinéma, avec une sélection de films qui nous permettent de pousser notre réflexion. C’est une autre lecture possible, pour identifier et comprendre les émotions que nous pouvons ressentir au quotidien, en soutenant notre aidé.

CHAQUE RELATION D’AIDE EST UNIQUE.

Ce que je retiens de ce livre, c’est que chaque relation d’aide est unique. Nous pouvons puiser dans tout ce qui existe pour construire notre propre relation à l’autre et, surtout, nous pouvons apprendre de l’expérience de chacun.

Maisons de répit, accueils de jour, groupes de parole, ou lignes téléphoniques dédiées, vous trouverez dans ce livre des informations précises pour démarrer vos démarches et savoir ce qui vous convient le mieux. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’accompagner, il y a la vôtre, celle qui fait sens pour vous et dans le respect mutuel.

Je réalise, après la lecture de ce livre, que j’accompagne vraiment ma grand-mère en fonction de qui je suis et de mes appétences. J’ai puisé dans mes ressources, mes expériences personnelles, mon discernement et j’ai surtout fait confiance !

QU’EST CE QUE LE DISCERNEMENT POUR UN AIDANT ?

D’après le Larousse, c’est la « Faculté d’apprécier sainement les choses ; intelligence, sens critique : Agissez avec plus de discernement. »

Pour chaque acte et décision à prendre pour ma grand-mère, je dois toujours mobiliser un tas de facteurs divers, sans me laisser happer par mes émotions, mes jugements ou ceux de mon entourage.

Je me demande toujours ce qui est le plus juste pour elle et, parfois, malgré ce qu’elle me dit ! Je prends toujours son avis en compte, je lui demande ce qu’elle souhaite. Malheureusement, il arrive que le poids de son histoire, de ses croyances s’invite dans notre conversation. Ce qu’elle m’exprime n’est alors pas toujours dans son intérêt. C’est pourquoi je fais confiance à mon discernement pour savoir ce qui est le mieux à faire, en tenant compte de ce qu’elle m’a communiqué, et toujours à son avantage.

C’est ce que j’ai fait, quand nous avons évoqué la livraison des repas à domicile, en septembre dernier. Je souhaitais mettre en place ce service pour qu’elle puisse manger plus varié et pour soulager mon père du casse-tête des courses.

Après avoir fait un pré-tri dans les structures qui proposent ce service sur notre territoire, je lui ai proposé de faire un essai avec le restaurant du centre de Rouillac. Il propose la livraison de repas aux personnes âgées habitant dans l’hyper-centre. Nous en avons parlé toutes les deux. Elle semblait ouverte mais…pour plus tard ! Pourquoi plus tard ? Et là, pas de réponse. En prenant le temps de discuter, j’ai compris que sa crainte était économique. Ainsi, je lui ai expliqué et montré, chiffres à l’appui, qu’elle pouvait se le permettre, même sans l’aide financière du département (qui n’est pas compatible avec la prestation de ce restaurateur). De plus, en faisant appel à lui, elle contribuait à l’économie de la ville où elle réside. Un vrai acte citoyen ! J’ai donc proposé de faire un essai sur 15 jours, pour tester le service et savoir si cela allait lui convenir. Nous avons ajusté les quantités, demandé à mouliner la viande. Et aujourd’hui, nous continuons à faire appel à eux. Mamie mange du fait-maison et, cerise sur le gâteau (facile !), une pâtisserie quasiment chaque jour.

J’ai fait confiance aux autres et à la vie. J’ai déployé un maillage d’aide humaine et logistique autour de ma grand-mère, avec une intention de partage de l’aide, en fonction de ce que chaque membre de ma famille se sentait capable et voulait bien faire pour elle.

Aujourd’hui, ce maillage est solide et soutenant et me permet de ne pas paniquer devant l’inconnu de la vie.

Merci à Marina, Jean et aux institutions qui ont permis à ce livre d’exister et de permettre à de nombreux aidants de mieux vivre cet engagement, essentiel à notre société. 

Si vous voulez en savoir plus sur Marina et Jean, vous pouvez les suivre sur leur blog et vous pouvez vous procurer ce livre dans toutes les bonnes librairies, pour un montant de 11,95€.

Et parce que LA VRAIE VIE, c’est aussi le nom du dernier Album de Bigflo et Oli, ces deux frères qui prônent des valeurs qui me sont chères, en tant qu’être humain et aidante, je vous partage un de leurs morceaux.

 

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