Un vrai parfum.

Une carte postale avec en photo Gratienne et ces deux petites filles. En premier plan un flacon de parfum.

En préparant les fêtes avec Gratienne, lors de ma visite hebdomadaire, je lui pose cette question :
« Et toi, Mamie, que veux-tu pour Noël ? »
Elle met un peu de temps à me répondre, puis :
 « UN VRAI PARFUM ! »
Je souris, amusée, avant de lui demander :
– Et c’est quoi, pour toi, un vrai parfum ? 
– Ce n’est pas une eau de Cologne…

Eh oui… ma grand-mère est de la génération qui utilise, pour sa toilette quotidienne, de l’eau de Cologne.
Notamment, la grande bouteille de Mont Saint-Michel que nous trouvons en grande surface. 
– Ok, Mamie, tu sais ce que tu aimerais, alors, comme « vrai parfum » ?
– Non, je n’en sais rien !
– Il faudrait que nous allions en magasin pour que tu puisses le choisir.
 – Nous verrons… car, en ce moment, j’ai du mal à rester longtemps debout,
me répond-elle. Nous nous quittons sur cet échange.

Là, je commence à imaginer comment je pourrai faire pour l’emmener au magasin de cosmétiques le plus proche de chez elle, afin qu’elle le choisisse elle-même.
Nous avons, à Angoulême, de grandes enseignes nationales et internationales, généralement situées en centre-ville ou dans les zones commerciales.
Cependant, la distance pour nous y rendre est beaucoup trop fatigante pour elle.
J’en discute avec ma sœur, qui me suggère d’aller chercher des échantillons dans l’une de ces enseignes, pour que ma grand-mère puisse choisir de son fauteuil. 

MA RENCONTRE AVEC UNE VENDEUSE ATTENTIVE.

Quelques jours plus tard, me voilà donc en magasin, en train de raconter mon histoire à une vendeuse attentive. 
Elle m’oriente directement vers un parfum, d’une marque au nom évocateur du luxe à la Française.
Elle m’explique que sa propre grand-mère l’aime beaucoup. 
Elle prépare trois échantillons, contenant le parfum, l’eau de parfum et l’eau de toilette, en m’expliquant qu’ils sont tous trois des variantes de la même fragrance. 

GRATIENNE EST ENRHUMEE.

Une semaine après, me revoilà chez ma grand-mère avec les petits flacons … Malheureusement, elle est enrhumée et je me doute qu’elle ne pourra pas noter les différences entre les trois.
Je lui confie les échantillons et lui demande de voir avec les auxiliaires de vie, qui l’accompagnent chaque jour, si elles peuvent lui faire sentir les différentes odeurs, en les espaçant sur plusieurs jours. 
Pour faciliter la tâche aux auxiliaires de vie, je numérote les flacons.
En effet, je ne veux pas alourdir leur mission minutée et j’opte pour la solution de communication la plus fluide pour nous toutes, en leur demandant de m’indiquer le numéro préféré de ma grand-mère.

Trois flacons d'échantillons de parfums différents. Chacun a une étiquette avec une abréviation pour son nom écrit en noir et un numéro écrit en bleu.
Trois échantillons de parfums.

Une semaine plus tard, c’est le « numéro 3 » que Gratienne trouve au pied du sapin. 
Le parfum n’est pas essentiel au quotidien de ma grand-mère. Cependant, il apporte ce petit supplément d’âme et de poésie dans sa vie. 
Comme elle l’avait choisi « à l’aveugle », grâce aux échantillons, ce fut une vraie surprise pour elle d’en découvrir le flacon. 
De mon côté, je suis ravie d’avoir pu lui offrir un vrai parfum pour son Noël. 
Lors de ma visite suivante, elle me montre fièrement le flacon exposé près d’elle, dans son salon.
Ainsi, elle peut en profiter autant visuellement qu’en le portant. 

Ma grand-mère me rappelle toujours l’essentiel, à savoir, l’importance de notre connexion à nous-même.
Elle me montre l’exemple : j’ai réalisé qu’en formulant son envie la plus intime et la plus précieuse, elle se faisait un cadeau.
Un cadeau à la hauteur de sa valeur : « C’est ça qui me ferait plaisir et je te remercie de me l’offrir ».

Gratienne sur GRANDMAS PROJECT.

Gratienne sur GRANDMAS PROJECT.

Emilie m’a partagé la vidéo de promotion du Grandmas Project et vous imaginez bien que j’ai adoré ! Grandmas Project est un site internet à l’initiative d’un réalisateur, qui vise à rendre hommage à toutes les grand-mères du monde, autour d’un sujet qui met tout le monde d’accord : la CUISINE !

Il invite des réalisateurs du monde entier à produire une vidéo de 8 minutes de leurs grand-mères en train de partager leur recette de cuisine préférée !

Avec cette web-série, il nous invite à porter un regard tendre et bienveillant sur la transmission de nos grands-mères.

Les vidéos que j’ai découvertes montrent des femmes qui parlent d’elles, de leurs histoires personnelles reliées à la grande histoire par l’intermédiaire des yeux pleins d’amour de leurs descendants. C’est l’espace-temps de la transmission, où ce qui doit être dit et vu restera ! Ces grands-mères sont parfois drôles, mélancoliques, nostalgiques, tendres, caustiques, elles sont de vraies bouffées de vie !

Je ne suis pas réalisatrice mais je me devais de contribuer en présentant Gratienne sur le Grandmas Project !

Ma grand-mère ne cuisine plus, mais si c’était le cas et si j’étais réalisatrice, je lui demanderais sa recette des îles flottantes ! C’est vraiment cette recette qui jaillit de mes souvenirs d’enfance, à l’époque où, pour elle, cuisiner faisait partie de nos rituels familiaux. Et puis, il y a eu peut-être moins d’envie de sa part : le dessert de nos repas familiaux est devenu une Viennetta menthe-chocolat ou vanille-chocolat.

Cette année, à l’occasion des fêtes de Noël, ma sœur avait espéré faire elle-même cette Viennetta familiale ! C’est partie remise. Peut-être que nous arriverons à la faire pour les 86 ans de Gratienne, que nous célébrerons ensemble au mois de Mars !

Si nous réussissons à faire ce dessert hommage lors de notre week-end en famille prévu pour l’occasion, je vous promets de vous tenir au courant !

Longue vie au Grandmas Project ! Si vous voulez contribuer à votre tour, c’est par ici : http://grandmasproject.org/fr/

 

La communication est essentielle au bien vieillir.

Ma voisine et amie, Laure, est orthophoniste. Elle m’a fait parvenir la vidéo ci-dessous, qui date du mois de Décembre 2015 : ce film est une ALERTE COMMUNICATION, destiné à tou-te-s nous sensibiliser à son importance pour nos aîné-e-s, afin d’éviter l’isolement, de restaurer le lien social et de maintenir la dignité de tous.

Cette vidéo est le fruit du travail de spécialistes des pathologies de la communication, qui aident la personne âgée dans ses difficultés. Par contre, c’est bien l’entourage proche des aîné-e-s qui peut œuvrer quotidiennement pour prévenir des risques d’isolement et du déclin cognitif.

Ce film propose 3 préconisations-clefs pour aider au mieux à la communication de nos aîné-e-s et il s’avère que je peux témoigner, ici, de la forme que prennent ces préconisations dans ma façon de communiquer avec ma grand-mère.

PRÉCONISATION  1

Favoriser le plaisir de l’échange entre les générations et les interactions plurielles, variées et ajustées pour éviter l’isolement.

Le jour de Noël est vraiment, pour ma grand-mère, le summum de ce rendez-vous d’échanges pluriels et variés. C’est le moment où elle côtoie, dans la même pièce et dans le même temps, plusieurs générations. De plus, cette année, nous l’avons fêté chez son plus proche voisin : mon père ! Je pense que nous étions au top de l’organisation pour elle. Elle a ainsi profité de l’ensemble des convives à sa guise. Et elle a pu rentrer chez elle, au moment où elle le souhaitait !

Elle leur a également offert les cadeaux qu’elle avait choisis elle-même, quelques jours avant, lors d’un marché de Noël de proximité. D’ailleurs, merci au 27 pour cette initiative !

Ma nièce de 14 ans, en la raccompagnant chez elle pour découvrir sa maison, a rencontré son chat Capucine. Elle qui adore les animaux, s’est proposée de la peigner. Et c’est avec grand plaisir que ma grand-mère l’a laissée faire, alors qu’elle n’en a pas forcément la force.

Il y a aussi ce moment où mon fils s’est mis à faire des photos avec elle, en utilisant les filtres snapchat. Quel plaisir de la voir rire aux éclats en se découvrant déguisée pour l’occasion !

Les technologies de communication qui l’entourent, l’étonnent ! Ordinateur, smartphone, tablette, elle a bien compris que nous y étions tous accros. Elle se rend aussi compte que ça fait partie de notre vie d’aujourd’hui et qu’il est bien difficile de faire sans !

PRÉCONISATION 2

Favoriser les conditions de l’appétit et de l’appétence à la communication en mettant en avant le plaisir lors des repas et des échanges (sous différentes modalités).

Repas de fêtes, d’anniversaires, goûters ou seulement thés du dimanche après-midi, toutes les occasions sont bonnes pour nous retrouver avec elle, et partager un bon repas, voire une petite coupette ! Ce qu’apprécie ma grand-mère, avant tout, dans ces multiples formes de repas, c’est la convivialité ! Et, dans ma famille, elle passe par une coupe de champagne pour ouvrir le repas et un verre de vin pour l’accompagner. Nous avions aussi pris l’habitude d’aller au restaurant tous ensemble pour son anniversaire. Aujourd’hui, nous avons aussi appris à nous adapter à son état de santé. D’ailleurs, le choix du restaurant, au-delà de l’aspect culinaire et du budget, doit aussi être pensé en termes d’accessibilité. Il faut pouvoir se garer au plus près, éviter trop d’escaliers et avoir des toilettes praticables pour une personne âgée. Angoulême dispose de nombreux restaurants agréables mais, malheureusement, le centre-ville induit souvent ce genre d’inconvénients.

PRÉCONISATION 3

Prévenir les risques en utilisant des adaptations, des prothèses sensorielles ou motrices pour favoriser l’autonomie (comme les lunettes ou les appareils auditifs par exemple).

Ma grand-mère est appareillée de prothèses auditives depuis déjà quelques années. Son audition a diminué entre son premier équipement et celui d’aujourd’hui mais la qualité des appareils actuels nous permet d’avoir un vrai échange.

Je me rappelle la période intermédiaire, où elle venait accompagnée de mes parents, en Charente, pour les fêtes de Noël. Lors des repas, elle était là avec nous, physiquement seulement : elle ne nous entendait pas et ne pouvait donc pas nous répondre. Déjà que la distance géographique ne nous aidait pas à créer du lien, cette situation la frustrait autant que nous !

Heureusement, aujourd’hui, cette situation est révolue avec la qualité de son matériel. Nous avons mis en place une révision de ses appareils tous les 6 mois : cela permet de les entretenir (nettoyage et changement d’un petit tube de plastique), d’en vérifier les réglages électroniques et de faire le point sur son audition, dans l’idée de faire perdurer le plus longtemps possible cet investissement réalisé en 2015.

Elle a également des lunettes qu’elle vient juste de changer. Elle a perdu la vision totale de son œil droit, mais a conservé une vision de 7 à son œil gauche. Elle se plaignait de voir de moins en moins bien depuis son hospitalisation en mai dernier.

J’avais bien eu l’idée de prendre un rendez-vous chez un ophtalmo au plus vite. J’ai été ralentie dans mon élan par la présence de l’appareil à oxygène auquel elle était branchée 24H/24H. J’ai finalement pris un rendez-vous au mois de Septembre, pour le mois de Décembre. Et encore, c’était rapide ! Nous sommes venues pour un bilan de la vision et sommes reparties avec un traitement laser au passage, ce qui nous a obligées à revenir 8 jours plus tard, pour obtenir l’ordonnance nécessaire au changement de lunettes.

Ces nouvelles lunettes (comme le traitement au laser) n’ont pas amélioré sa vision qui reste stable. Par contre, cela nous a permis de vivre des moments privilégiés toutes les deux. Elle a choisi elle-même l’esthétique de ses nouvelles lunettes et elle est entrée en interaction avec une multitude de personnes différentes, qui l’ont toutes traitée avec égard.

Merci encore à Laure de m’avoir partagé l’existence de cette vidéo. N’hésitez pas à la diffuser à votre tour autour de vous : c’est ça, la communication !

Et vous, quels sont vos rituels familiaux propices à la communication avec vos parents ou grands-parents ?

Le fauteuil de Gratienne.

Ma grand-mère a un lien affectif particulier avec certains de ses meubles. Au-delà de leur fonction, ils sont les souvenirs et les symboles de son chemin de vie.

Il y a son lit, son armoire de chambre-à-coucher et son fauteuil ! Ce sont les objets que je me suis efforcée de conserver et d’intégrer dans sa nouvelle habitation.

Son fauteuil, c’est la pièce maitresse de son environnement de vie quotidienne. C’est sa tour de contrôle ! Elle y passe tout son temps.

Il est confortable, un peu avachi par les années et il est électrique. Mais elle n’utilise pas cette fonctionnalité, que j’ai pourtant tenté, à plusieurs reprises, de lui montrer, surtout pour qu’elle puisse en sortir plus facilement, mais rien à faire ! Peut-être qu’elle ne l’utilise pas car elle l’associe au lit médicalisé, ou, tout bonnement, parce que cette grosse télécommande a du mal à cohabiter avec elle sur l’assise !

Ce fauteuil, c’était aussi celui de Clément, son mari, qui n’en a malheureusement pas beaucoup profité.

Pourtant, aujourd’hui, ma grand-mère m’a manifesté le souhait de, peut-être, acquérir un nouveau fauteuil pour la nouvelle maison ! Le temps a dû faire son œuvre pour que ce fauteuil ne soit plus associé au souvenir de mon grand-père mais reprenne juste sa place de meuble !

Voilà ma nouvelle mission pour 2018 : l’accompagner à choisir son nouveau fauteuil : matière, couleur, fonctionnalité au programme ! Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes découvertes !

 

L’armoire de Gratienne.

Lors de ma réflexion sur l’aménagement intérieur du studio, j’ai naturellement imaginé séparer visuellement l’espace chambre de l’espace séjour, par un grand placard avec double fonction : rangement côté chambre, mur pour soutenir la TV côté séjour. Quelques heures plus tard, j’étais très contente de moi en regardant le résultat sur le logiciel Sketch Up ! J’étais même allée plus loin, en me rendant à Ikea pour voir comment j’allais adapter cette idée avec des modules existants. Plan du logement ok, adaptation existante à Ikea ok, budget défini ok !

J’étais en mode « problème = solution » et je ne m’étais pas du tout interrogée sur ce que voulait faire ma grand-mère de l’armoire qu’elle avait dans sa chambre-à-coucher en région parisienne ! Elle n’a pas tardé à me ramener à sa réalité quand elle m’a posé cette question :

« Magalie, dis-moi, où vas-tu mettre mon armoire ? »

Aussitôt, j’ai compris ma maladresse : je n’avais pas pris en compte l’attachement qu’elle avait pour son armoire.

« Elle est importante pour toi cette armoire, Mamie ?

– Oui, où veux-tu que je range mes vêtements, sinon ?! Et tu sais, c’est avec ton grand-père que nous avons acheté cette chambre-à-coucher ! »

J’ai alors vraiment pris conscience de l’écoute indispensable que je devais porter aux besoins non-exprimés de ma grand-mère ! Pour s’approprier son nouveau lieu de vie, elle avait besoin de retrouver ses repères, et surtout ceux qui ont de l’importance pour elle. Cette importance est forcément d’usage mais elle est surtout un attachement à ses souvenirs.

Je n’ai pas pour autant renoncé à mon idée d’aménagement, qui me semblait être la plus optimale pour délimiter visuellement les différents espaces et faire circuler la lumière. Par contre, j’ai adapté mon idée première pour que cela soit réalisé avec son armoire !

Une fois les travaux du studio finis, place à l’aménagement et surtout à la nouvelle vie de l’armoire de Gratienne !

Toute notre famille a été mise à contribution pendant une journée. Notre challenge : déménager sa chambre de la maison de mon père à son nouveau nid, en intégralité ! Et la première étape de cette journée a été l’adaptation de l’armoire au nouvel espace. 2 planches de bois aux bonnes dimensions, une scie cloche, un support de TV universel, des vis à bois et des vis avec boulons ont été nécessaires pour réaliser une armoire double fonction.

Côté chambre : la fonction rangement.

A l’origine, elle était composée de 3 portes à ouvertures à clés. J’ai choisi d’enlever les portes, afin de gagner de la place entre l’armoire et le lit, et je les ai remplacées par des rideaux. Pratique et esthétique : tout ce que j’aime ! Le passage est peut-être un peu étroit pour ma grand-mère qui n’a plus la marche assurée ; par contre, cela reste très praticable pour les aides à domicile qui s’occupent d’elle, matin et soir. J’aurais gagné de la place si le tour du lit de ma grand–mère avait était moins massif mais, pour cela, nous aurions dû en changer et elle n’était vraiment pas prête à s’en séparer ! Pour le confort de tous, j’ai ajouté de la lumière dans chacune des colonnes ! C’est un éclairage à pile muni d’une cellule. Quand le rideau est fermé, la lumière est éteinte et quand le rideau est ouvert, la lumière s’allume. C’est magique !

Côté salon : un mur décoratif avec sa télévision suspendue !

J’ai fait ce choix pour éviter le meuble TV qui aurait encombré le passage au sol et alourdit l’aménagement d’ensemble de son studio. Pour la touche déco, j’ai mis un papier peint que ma grand–mère avait choisi précédemment parmi 3 modèles. Et pour finir, sur ce « mur » à côté de la TV, nous lui avons installé son horloge et son éphéméride, qui sont vraiment ses objets fétiches d’ancrage dans le temps.

J’ai fini cette journée exténuée et heureuse. Heureuse de pouvoir présenter à Gratienne sa nouvelle maison et heureuse d’avoir partagé cette aventure avec l’ensemble de ma famille. Chacun d’entre nous a donné le meilleur de lui-même sur ce qu’il sait le mieux faire. Merci à vous tous d’avoir rendu cela possible. Pour elle, avant tout, et pour moi, car c’était vraiment ce qui me tenait à cœur.

J’avais à cœur de lui donner l’opportunité de vivre dans un logement pratique, accessible pour elle comme pour les personnes qui lui viennent en aide, mais surtout à son image et à son goût.

Et vous ? Y a-t-il un projet, une action qu’il vous tient vraiment à cœur de réaliser pour vos ainés ?