le plus beau des cadeaux !

Samedi, en me rendant chez ma grand-mère, j’ai trouvé une grande enveloppe kraft, avec une écriture manuelle, qui attendait dans la boîte aux lettres.

– Bonjour Mamie ! Regarde, tu as reçu une lettre aujourd’hui. Elle vient de Normandie !

– De Normandie ?! Ouvre-la, s’il-te-plaît !

Je n’avais pas la moindre idée de ce que nous allions découvrir dans cette lettre, et je ne vous cache pas ma joie en découvrant 2 photos format A4 de… tombes !

Oui, de la joie, vous avez bien lu ! Car ce n’étaient pas n’importe quelles tombes, c’étaient celles de mon grand-père et de mon oncle.

Ces tombes se trouvent en Seine-et-Marne, dans une petite commune de 521 habitants, où mes grands-parents avaient posé leurs valises, pour profiter d’une retraite bien méritée.

Je ne connais pas bien cette commune : elle était seulement le lieu de mes vacances scolaires jusqu’à mes 13 ans environ. Eh oui ! Passé cet âge, j’avais d’autres préoccupations que de prendre mon vélo et de chercher l’endroit idéal, dans les bois tout proches, pour y construire la plus belle des cabanes.

Pour ma grand–mère, cette commune, c’était chez elle ! Elle y avait sa maison, ses poules, son jardin… et le cimetière, où mon oncle fut rejoint, quelques années plus tard, par mon grand-père. Elle s’y rendait une fois par semaine. Elle prenait le temps de nettoyer les tombes, et de partager un moment avec eux. C’était devenu une habitude, un rituel.

Quand elle s’est installée en Essonne, près de mes parents, elle a continué de s’y rendre, mais seulement quelques fois dans l’année, surtout à la Toussaint, pour y mettre des fleurs artificielles.

– Tu sais, Magalie, les vraies fleurs, c’est bien, mais ça ne dure pas, contrairement aux artificielles !

Il a fallu un petit moment à ma grand-mère pour appréhender les photos et leurs détails, mais une fois ce temps pris, c’est avec émotion qu’elle s’exprima :

– Tu te rends compte Magalie, il y a quelqu’un qui pense à eux et à nous, on n’est pas abandonnés!

– Je vois que ça te fait plaisir ces photos, je suis vraiment contente pour toi ! Es-tu rassurée de voir que leurs tombes sont en bon état ?

– Oui, regarde : je me rappelle avoir choisi ces fleurs jaunes sur la tombe de ton grand-père. Elles sont comme des roses, mais ça n’en est pas ! On voit bien aussi les inscriptions !

Il se dit qu’une tombe est « une dernière demeure », et je réalise que, pour ma grand-mère, cette expression prend tout son sens : c’est bien l’endroit où elle aimait « rendre visite » à son mari et à son fils pour prendre soin d’eux. C’est là-bas qu’elle souhaite les retrouver, le moment venu. Et il en sera ainsi.

Merci à Anne-Marie, la bienfaitrice qui a rendu cela possible. Il s’agit d’une amie de la famille, qui vit en Normandie, et qui a saisi l’occasion d’un déplacement en région parisienne, pour faire un crochet par leur « maison ». Elle ne pouvait pas imaginer lui faire un plus beau cadeau qu’en accomplissant ce détour sur le chemin de la mémoire.

Ma première fois au Café des Aidants.

ma première fois au café des aidants

Au mois d’octobre dernier, je me suis rendue pour la première fois au Café des Aidants d’Angoulême. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Mais ce qui était sûr, c’est que je ne risquais rien à en faire l’expérience.

Le rendez-vous était fixé à 10h. Je suis arrivée devant une porte close, où une dame attendait également, et je l’ai abordée :

– Bonjour, Madame, vous venez au Café des aidants ?

– Oui, mais j’ai tenté de pousser la porte et elle est fermée !

– Oui, je vous le confirme, elle est bien fermée !

A ce moment-là, un Monsieur, qui mettait des pièces dans un parcmètre, nous a interpelées :

– Il y a une autre entrée sur l’autre rue !

– Merci Monsieur ! Vous y allez peut-être aussi ?

Pas de réponse de la part de ce monsieur. Sans attendre davantage, nous avons décidé de chercher ensemble cette fameuse entrée. J’ai ralenti mon pas, qui était bien trop long pour ma nouvelle compagne.

Effectivement, l’autre porte était toute proche et donnait bien sur un vrai café !

La première fois dans un lieu, avec des convives inconnus, est toujours un mélange de gêne et d’interrogations sur l’identité de chacun.

Par contre, ce sentiment a été vite dissipé par la bienveillance de nos hôtes du jour : Claire, infirmière coordinatrice, et Dominique, psychologue clinicienne. Elles nous ont mises à l’aise en se présentant et en nous offrant un café !

Nous étions une dizaine de personnes : il y avait les « fidèles », les « fidèles » qui n’étaient pas venus depuis longtemps, comme le monsieur du parcmètre, et les nouveaux, dont je faisais partie, avec la dame que j’avais rencontrée quelques minutes plus tôt.

Nos hôtes nous ont expliqué que ce rendez-vous est organisé par la Mutualité Française Poitou-Charente et l’Association des Aidants.

Sur Angoulême, le choix d’organiser ce rendez-vous le Samedi matin a été fait afin d’être accessible au plus grand nombre d’entre nous. Eh oui ! Etre aidant a plusieurs visages et plusieurs degrés d’implication. Nous pouvons être époux (se), enfant, ami(e), petits-enfants, voisin(e). Nous pouvons aider une personne malade, un enfant ou un adulte handicapé, une personne âgée.

Ces rendez-vous ont lieu tous les troisièmes samedis du mois et se déploient autour d’un thème particulier.

Ce thème permet aux personnes présentes de pouvoir s’exprimer plus particulièrement sur un aspect de leur vie d’aidant. Nous pouvons aussi aborder tout autre sujet de notre quotidien ou de notre ressenti, tant que nous restons dans le respect du temps de parole de chacun, la confidentialité des situations de nos aidés et, surtout, sans jugement de celui qui prend la parole. Et nous pouvons, aussi, ne rien dire, être à l’écoute, accueillir les sentiments de nos convives et, parfois, nous reconnaître dans leur expérience.

Le thème du mois d’octobre était :

« Emotions et réactions : comment les gérer ? »

Nos hôtes nous ont proposé de choisir, parmi des photos étalées devant nous, celles qui représentaient le plus nos émotions d’aidants. Nous pouvions en choisir plusieurs.

Puis le tour de table a commencé. En partant du témoignage des plus courageux, la conversation a rebondi d’expérience en expérience. Chacun s’est exprimé, et c’est toute la palette d’émotion que l’être humain peut ressentir dans ces contextes qui est apparue : culpabilité, injustice, incompréhension, désarroi face à la vieillesse, la maladie et leurs conséquences. Notre proche n’est plus, et ne sera plus, la personne que nous avons connue, aimée et qui nous a, aussi, parfois, tellement soutenue en d’autres temps.

Autant de situations humainement difficiles et différentes, que nous devons accepter pour les aider à finir, au mieux, leur vie parmi nous, tout en ayant conscience de notre vulnérabilité face à nos propres limites. Une fois celles-ci identifiées et acceptées, il existe des relais extérieurs institutionnels, associatifs et professionnels, pour être soutenus dans notre quotidien et nous permettre de préserver les petits moments de bonheur de vie partagés qui existent encore.

Ce rendez-vous m’a permis de m’exprimer sur mon expérience personnelle, sur mon cheminement dans ce rôle d’aidant, et sur ce que j’ai mis en place pour ma grand-mère. Cela m’a permis d’avoir les retours de mes semblables, de susciter encouragements et questionnements sur leur propre expérience, même pour ceux portés par l’amour de leur proche et qui, malheureusement, ne vivent pas la même chose que moi. Certains se démènent au quotidien, pour maintenir la dignité de la vie, dans l’isolement et, parfois, jusqu’à leur propre épuisement.

En tout cas, je vous recommande ce rendez-vous libérateur et ressourçant.

Nos hôtes ont été à notre écoute, bienveillantes, rassurantes et vigilantes, afin de pouvoir amener un conseil personnalisé à la fin de notre rencontre, à ceux qui se trouvent en grande détresse.

Vous pouvez retrouver plus d’informations ici : http://www.aidants.fr/vous-etes-aidant/participer-action-pres-de-chez-soi/cafe-aidants

Et plus particulièrement pour celui d’Angoulême :

Troisième samedi du mois.

Café la Colombière – 5, rue d’Aguesseau – 16000 Angouleme

L’esprit de famille, sans terre et sans racines.

photo de E.BENARD

J’ai un rapport à l’habitat qui est intimement lié à l’épanouissement de l’esprit de famille.  La maison doit être facile à vivre dans ses usages au quotidien, et modulable dans sa façon d’accueillir tous les membres d’une même famille. Chacun doit se sentir chez lui, à son aise ! Que nous soyons à demeure ou en visite, chacun doit jouir d’un espace suffisant pour ne pas imposer sa présence à l’autre et, en même temps, partager des moments de convivialité tous réunis.

Je vous concède que c’est facile pour moi d’avoir cette considération, car je vis en Charente, où le prix du m² me permet de me préoccuper du luxe de l’espace. La Charente justement, cette région que j’ai choisie, ou plutôt, qui m’a choisie, pour que je puisse goûter le luxe de l’espace afin d’y planter mes racines ! Moi qui suis, sur le papier, Normande (et qui vis avec un Picard !), je me sens à ma place ici. Avant de découvrir cette sensation d’être pleinement où je dois être, j’avais la sensation de n’être de nulle part, sans appartenance réelle à une région, notamment à ma région natale : la Normandie. J’en avais une représentation de carte postale, composée de pommiers, de vaches et où le calva et le cidre coulent à flot. Pourtant, mes cousins, mes oncles et tantes me rappellent, à chaque fois que nous nous retrouvons, mon appartenance à cette région.

En fait je n’étais pas sans racines mais déracinée.

A l’âge de 3 ans, je suis partie de Normandie pour la région parisienne, en vivant un changement de lieu d’habitation tous les 3 ans en moyenne. Petit, vieux, atypique, inadapté à la taille de ma famille, nous devions nous habituer rapidement à chaque nouvelle ville et nouvel espace, et pallier systématiquement ce qui nous manquait, pour que chacun puisse y trouver sa place. Une chambre en moins, une salle-de-bains au fond d’une cour, un manque de rangement… Mes parents qui travaillaient beaucoup et étaient peu présents à la maison avec nous, s’arrangeaient toujours pour que ces désagréments d’habitat soit compensés. Cela passait par l’achat de mobilier ou de petites rénovations en fonction de leur énergie et de leurs moyens du moment.

Ainsi, être chez soi, c’est avoir un espace qui comble nos besoins premiers, en fonction de notre situation de vie et qui permet à l’esprit de famille de s’y épanouir ! La maison devient lieu de vie et de convivialité le temps d’un repas, d’un week-end ou de vacances partagés en famille. Le temps et l’espace ne doivent pas être des freins au plaisir d’être ensemble.

A présent que ma grand-mère est installée chez elle, c’est avec enthousiasme que je m’apprête à accompagner mon père afin que sa maison gagne en lumière, en fluidité de déplacement et surtout qu’elle devienne le point d’ancrage charentais pour toute ma famille Normande !

Le fauteuil de Gratienne.

Ma grand-mère a un lien affectif particulier avec certains de ses meubles. Au-delà de leur fonction, ils sont les souvenirs et les symboles de son chemin de vie.

Il y a son lit, son armoire de chambre-à-coucher et son fauteuil ! Ce sont les objets que je me suis efforcée de conserver et d’intégrer dans sa nouvelle habitation.

Son fauteuil, c’est la pièce maitresse de son environnement de vie quotidienne. C’est sa tour de contrôle ! Elle y passe tout son temps.

Il est confortable, un peu avachi par les années et il est électrique. Mais elle n’utilise pas cette fonctionnalité, que j’ai pourtant tenté, à plusieurs reprises, de lui montrer, surtout pour qu’elle puisse en sortir plus facilement, mais rien à faire ! Peut-être qu’elle ne l’utilise pas car elle l’associe au lit médicalisé, ou, tout bonnement, parce que cette grosse télécommande a du mal à cohabiter avec elle sur l’assise !

Ce fauteuil, c’était aussi celui de Clément, son mari, qui n’en a malheureusement pas beaucoup profité.

Pourtant, aujourd’hui, ma grand-mère m’a manifesté le souhait de, peut-être, acquérir un nouveau fauteuil pour la nouvelle maison ! Le temps a dû faire son œuvre pour que ce fauteuil ne soit plus associé au souvenir de mon grand-père mais reprenne juste sa place de meuble !

Voilà ma nouvelle mission pour 2018 : l’accompagner à choisir son nouveau fauteuil : matière, couleur, fonctionnalité au programme ! Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de mes découvertes !

 

Le notaire, un vrai conseiller.

Avec ma sœur, nous nous sommes demandées comment mon père et ma grand-mère pouvaient acquérir une maison ensemble. Très naturellement, je me suis adressée au notaire auquel j’avais fait appel pour l’acquisition de ma maison.

J’ai ainsi pris rendez-vous avec lui, afin de lui expliquer notre idée du projet et avoir son avis sur les meilleures options à prendre pour notre cas particulier.

Eh oui ! Le notaire est un passage obligé pour les achats et les ventes immobiliers mais il a surtout un rôle de conseil pour toutes les questions relatives au patrimoine et aux intérêts familiaux.

 Il a écouté notre histoire, le contexte et m’a conseillée ce qui lui semblait être le plus juste, en fonction des lois en vigueur.

Nous avons ainsi établi la trame du futur acte d’achat, avant même de signer le compromis de vente.

En sortant de ce rendez-vous, j’ai eu le sentiment d’avoir gagné en temps et en sérénité pour continuer à avancer sur les autres étapes du projet.

Ce conseil est gratuit, ne vous en privez pas !

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur : www.notaires.fr

L’armoire de Gratienne.

Lors de ma réflexion sur l’aménagement intérieur du studio, j’ai naturellement imaginé séparer visuellement l’espace chambre de l’espace séjour, par un grand placard avec double fonction : rangement côté chambre, mur pour soutenir la TV côté séjour. Quelques heures plus tard, j’étais très contente de moi en regardant le résultat sur le logiciel Sketch Up ! J’étais même allée plus loin, en me rendant à Ikea pour voir comment j’allais adapter cette idée avec des modules existants. Plan du logement ok, adaptation existante à Ikea ok, budget défini ok !

J’étais en mode « problème = solution » et je ne m’étais pas du tout interrogée sur ce que voulait faire ma grand-mère de l’armoire qu’elle avait dans sa chambre-à-coucher en région parisienne ! Elle n’a pas tardé à me ramener à sa réalité quand elle m’a posé cette question :

« Magalie, dis-moi, où vas-tu mettre mon armoire ? »

Aussitôt, j’ai compris ma maladresse : je n’avais pas pris en compte l’attachement qu’elle avait pour son armoire.

« Elle est importante pour toi cette armoire, Mamie ?

– Oui, où veux-tu que je range mes vêtements, sinon ?! Et tu sais, c’est avec ton grand-père que nous avons acheté cette chambre-à-coucher ! »

J’ai alors vraiment pris conscience de l’écoute indispensable que je devais porter aux besoins non-exprimés de ma grand-mère ! Pour s’approprier son nouveau lieu de vie, elle avait besoin de retrouver ses repères, et surtout ceux qui ont de l’importance pour elle. Cette importance est forcément d’usage mais elle est surtout un attachement à ses souvenirs.

Je n’ai pas pour autant renoncé à mon idée d’aménagement, qui me semblait être la plus optimale pour délimiter visuellement les différents espaces et faire circuler la lumière. Par contre, j’ai adapté mon idée première pour que cela soit réalisé avec son armoire !

Une fois les travaux du studio finis, place à l’aménagement et surtout à la nouvelle vie de l’armoire de Gratienne !

Toute notre famille a été mise à contribution pendant une journée. Notre challenge : déménager sa chambre de la maison de mon père à son nouveau nid, en intégralité ! Et la première étape de cette journée a été l’adaptation de l’armoire au nouvel espace. 2 planches de bois aux bonnes dimensions, une scie cloche, un support de TV universel, des vis à bois et des vis avec boulons ont été nécessaires pour réaliser une armoire double fonction.

Côté chambre : la fonction rangement.

A l’origine, elle était composée de 3 portes à ouvertures à clés. J’ai choisi d’enlever les portes, afin de gagner de la place entre l’armoire et le lit, et je les ai remplacées par des rideaux. Pratique et esthétique : tout ce que j’aime ! Le passage est peut-être un peu étroit pour ma grand-mère qui n’a plus la marche assurée ; par contre, cela reste très praticable pour les aides à domicile qui s’occupent d’elle, matin et soir. J’aurais gagné de la place si le tour du lit de ma grand–mère avait était moins massif mais, pour cela, nous aurions dû en changer et elle n’était vraiment pas prête à s’en séparer ! Pour le confort de tous, j’ai ajouté de la lumière dans chacune des colonnes ! C’est un éclairage à pile muni d’une cellule. Quand le rideau est fermé, la lumière est éteinte et quand le rideau est ouvert, la lumière s’allume. C’est magique !

Côté salon : un mur décoratif avec sa télévision suspendue !

J’ai fait ce choix pour éviter le meuble TV qui aurait encombré le passage au sol et alourdit l’aménagement d’ensemble de son studio. Pour la touche déco, j’ai mis un papier peint que ma grand–mère avait choisi précédemment parmi 3 modèles. Et pour finir, sur ce « mur » à côté de la TV, nous lui avons installé son horloge et son éphéméride, qui sont vraiment ses objets fétiches d’ancrage dans le temps.

J’ai fini cette journée exténuée et heureuse. Heureuse de pouvoir présenter à Gratienne sa nouvelle maison et heureuse d’avoir partagé cette aventure avec l’ensemble de ma famille. Chacun d’entre nous a donné le meilleur de lui-même sur ce qu’il sait le mieux faire. Merci à vous tous d’avoir rendu cela possible. Pour elle, avant tout, et pour moi, car c’était vraiment ce qui me tenait à cœur.

J’avais à cœur de lui donner l’opportunité de vivre dans un logement pratique, accessible pour elle comme pour les personnes qui lui viennent en aide, mais surtout à son image et à son goût.

Et vous ? Y a-t-il un projet, une action qu’il vous tient vraiment à cœur de réaliser pour vos ainés ?

Avant l’aménagement : observation des habitudes et des besoins de Gratienne.

Avant même de savoir comment aménager ce carré de 30m2, je devais déjà connaître les habitudes de vie de ma grand-mère. Quels étaient ses scénarii de vie, composés de ses usages et de ses habitudes ? Qu’est-ce que je devais absolument conserver pour son bien-être et sa sécurité, et qu’est-ce que je pouvais abandonner dans cet espace de vie compact ?

Je suis partie du rythme qu’elle avait à Grigny (91) dans son trois-pièces : son logement était constitué d’un petit couloir qui desservait la cuisine et les toilettes et aboutissait à la pièce de vie. De celle-ci, nous pouvions accéder à la salle-de-bain et à deux chambres.

Le matin, elle avait l’habitude de prendre son petit-déjeuner dans sa cuisine. D’ailleurs, c’était le seul moment où elle profitait de cette pièce.

Ensuite, passage à la salle-de-bain, comprenant une douche, un lavabo et un grand placard, où ses produits et son linge de toilette étaient rangés. Elle y prenait une douche 2 fois par semaine, aidée par les dames d’une association d’aide à domicile. Le reste de la semaine, elle y faisait sa toilette au gant, directement au lavabo.

Puis, elle prenait place dans sa pièce de vie, ou plutôt dans le fauteuil qui s’y trouvait ! C’est ici qu’elle passait toute sa journée. Avec ou sans sa TV allumée, d’ailleurs. Il y avait une fenêtre, qui lui permettait de voir ce qui se passait à l’extérieur.

Elle a tenté d’y mettre une jardinière mais l’exposition n’était pas favorable pour en profiter longtemps !

Son déjeuner et son dîner étaient pris dans le fauteuil grâce à une table à roulettes, où elle disposait l’ensemble de son repas, quelques heures auparavant.

Je dirais plutôt qu’elle y faisait « dînette » : un bout de pain, un morceau de fromage, une tranche de jambon lui convenaient toujours amplement.

Elle allait ensuite se coucher dans sa chambre composée de son lit, son armoire et sa commode, avec la porte toujours ouverte !

En partant de ces observations sur son ancien lieu d’habitation, et de sa vie de transition en Charente avec mon père, j’avais assez d’informations pour me lancer dans l’aménagement de sa future maison.

J’ai commencé par concevoir le plan du garage, en partant de l’existant. Ensuite, j’ai réfléchi au placement des zones d’usages, en fonction des informations que j’avais collectées et observées, surtout pour favoriser la fluidité de circulation. Ce plan allait être la pièce maîtresse de mes différents échanges avec les artisans mais également pour constituer le dossier pour SOLIHA*.

J’ai également réalisé des planches d’inspiration de l’ensemble des zones de vie, en gardant l’accent mis sur les meubles que Mamie souhaitait que je garde.

Et vous, observez-vous la façon de vivre de vos ainés, quelles sont leurs habitudes de vie qui leur procurent du bien-être ? Ont-ils des habitudes particulières dans chaque pièce de leur logement ?

Sous le charme !

Gratienne a quitté la région parisienne avec son gendre, après la disparition de sa fille. Ils ont trouvé une jolie maison avec jardin en Charente.

Leur envie : habiter ensemble, avec chacun leur autonomie !

Mon défi : trouver une solution qui corresponde à leurs conditions à tous les deux, ma grand-mère et mon père. 

Je vous raconte ici mon cheminement, mes réflexions, toutes les étapes clefs qui m’ont permis de mener à bien ce projet d’habitation, dans le respect de leurs désirs, pour une nouvelle qualité de vie.


 Aux vacances de Février, nous avions convenu avec mon père qu’il vienne en Charente pour visiter d’autres villes, afin de pouvoir agrandir ma zone géographique de recherche. Juste avant son arrivée, ô miracle, je tombe sur une annonce décrivant une maison de plain-pied proche de Rouillac !

« Papa ! Banco ! Celle-là, il faut aller la voir ! »

Déception, cette maison était certes bien située mais elle demandait de gros travaux de rénovation car non entretenue et nous devions construire l’habitation de Mamie sur le terrain ! En sortant de cette maison, nous avons décidé d’aller boire un café dans le bourg. En chemin, nous sommes passés devant la vitrine d’une des deux agences immobilières de la ville. Et là, une affichette attire mon attention : « Exclusivité : Maison de 110 m2 de plain-pied, extérieur arboré, Rouillac centre-ville, commerces accessibles à pied et son garage indépendant de 36 m2 ». Le prix affiché était vraiment au-dessus de notre budget (toujours pas clairement défini) mais aussitôt devant mon ordinateur, photos à l’appui, bonne pioche !

Là, il n’y avait plus de doute, c’était cette maison qu’il nous fallait visiter !

Je prends le rendez-vous immédiatement pour que mon père puisse la visiter avant de devoir repartir en région parisienne. Le rendez-vous est fixé à l’agence. Et nous nous y sommes rendus à pied avec l’agent immobilier ! Bonne stratégie de sa part ! Il garantit ainsi à l’acheteur que cette maison est effectivement idéalement située pour faire ses courses à pied.

Une fois entrés dans l’impasse, nous découvrons, tous les deux, un pavillon récent et bien entretenu, fonctionnel, accessible avec une terrasse protégée qui donne sur un espace extérieur arboré, fleuri. Son garage est desservi par une allée indépendante de l’entrée du pavillon, comme une petite maison au fond du jardin, avec son petit volet en bois entourant une petite fenêtre ! Pour moi, il n’y a aucun doute, c’est la maison de Gratienne !

Je me rends compte que j’ai une vraie capacité de projection, je vois ce que d’autres ne voient pas : le potentiel ! Comment quelque chose peut être sublimé, révélé et répondre à des attentes parfois non formulées de façon consciente ? Simplement en changeant les usages initiaux.

Et vous, faites-vous dans votre vie cette expérience du détournement d’usage et de fonction ?

Je voulais remercier Marion de l’agence Ariane-immobilier à Rouillac, pour sa gentillesse et son professionnalisme, qui a contribué à la bonne mise en marche de notre projet !

La quête.

Gratienne a quitté la région parisienne avec son gendre, après la disparition de sa fille. Ils ont trouvé une jolie maison avec jardin en Charente.

Leur envie : habiter ensemble, avec chacun leur autonomie !

Mon défi : trouver une solution qui corresponde à leurs conditions à tous deux, ma grand-mère et mon père.

Je vous raconte ici mon cheminement, mes réflexions, toutes les étapes clefs qui m’ont permis de mener à bien ce projet d’habitation, dans le respect de leurs désirs, pour une nouvelle qualité de vie.


Sur cette base de critères, je suis partie en quête des parfaites annonces qui pourraient répondre à leurs envies. Très vite, je me suis rendue compte qu’il me manquait un critère de taille : le budget ! De quel budget allais-je disposer pour trouver leur paradis ?! Et comment achète-t-on ensemble, quand on est gendre et belle-mère ?!

Ces critères, non définis au départ, m’ont perdue en chemin. La première maison qui a attiré mon attention était une maison qui se situait bien à Rouillac, proche du centre-bourg. Par contre, elle était à étage. La partie habitable était au premier étage et le sous-sol en rez-de-chaussée. J’imaginais bien mon père s’installant à l’étage pendant que ma grand-mère serait au rez-de-chaussée. Par contre, je ne répondais pas au souhait de mon père de vivre de plain-pied et ma grand-mère, quant à elle, se retrouvait à nouveau avec un voisin au-dessus de la tête !

Le constat était sans appel : comment concilier le critère de plain-pied et de centre-bourg ? Eh oui ! les maisons de bourg en Charente sont à étage et n’ont, pour la plupart, malheureusement pas d’extérieur.

J’ai ainsi choisi d’étendre ma zone géographique de recherche. C’est ainsi que je suis allée visiter une maison sur la commune de Jarnac. Elle avait l’avantage d’être de plain-pied, avec un petit extérieur et une sorte de dépendance-garage de 20 m2 non attenante à la maison.

Celle-ci ne serait pas l’élue mais c’était bien cette configuration qu’il fallait que je trouve : 2 habitations individuelles mais sur le même terrain et avec une orientation l’une par rapport à l’autre qui n’allait pas être intrusive dans la vie de chacun-e.

VIVRE ENSEMBLE AVEC INDEPENDANCE.

Quand nous avons évoqué, en décembre 2015, le fait de trouver une maison pour mon père et ma grand-mère, nous avons établi une sorte de « cahier des charges » des critères importants que devait avoir cette maison, pour découvrir comment ils souhaitaient vivre, individuellement et ensemble.

Mon père souhaitait une petite ville, avec toutes les commodités médicales et de services, à proximité, sans les contraintes de circulation et de stationnement, contrairement à ce qu’il avait connu en région parisienne.

Après quelques recherches, nous avons retenu Rouillac, qui correspondait à ces critères et était déjà dans ses projections. C’est une petite ville d’environ 3000 habitants, située à égale distance entre Angoulême et Cognac. Elle possède un centre-bourg avec tous les commerces de proximité et aussi son supermarché !

Il souhaitait pouvoir se rendre à pied dans le bourg, anticipant le fait de ne plus utiliser sa voiture plus tard. Pour son habitation, le plain-pied et le jardin – ni trop grand, ni trop petit – étaient de rigueur.

Mamie, quant à elle, se disait qu’elle allait suivre : elle nous faisait confiance dans ce projet. Elle nous affirmait que la Charente serait toujours mieux que Grigny (91), où elle avait une sensation permanente d’insécurité ! Elle y habitait un 3-pièces rénové quelques années auparavant par mes parents. Elle se plaignait du bruit du petit garçon « du dessus » qui n’arrêtait pas de courir, dès le retour de l’école.

Par contre, le critère sans concession de mon père était : son intimité ! Etant son gendre, il était prêt à se projeter dans cette nouvelle façon de vivre avec ma grand-mère, à la seule condition que son intimité soit toujours respectée !

Et vous, quel serait votre « cahier des charges » dans une telle situation ? Pourriez-vous envisager de vivre avec vos parents ou vos beaux-parents ?