Ma première fois au Café des Aidants.

ma première fois au café des aidants

Au mois d’octobre dernier, je me suis rendue pour la première fois au Café des Aidants d’Angoulême. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Mais ce qui était sûr, c’est que je ne risquais rien à en faire l’expérience.

Le rendez-vous était fixé à 10h. Je suis arrivée devant une porte close, où une dame attendait également, et je l’ai abordée :

– Bonjour, Madame, vous venez au Café des aidants ?

– Oui, mais j’ai tenté de pousser la porte et elle est fermée !

– Oui, je vous le confirme, elle est bien fermée !

A ce moment-là, un Monsieur, qui mettait des pièces dans un parcmètre, nous a interpelées :

– Il y a une autre entrée sur l’autre rue !

– Merci Monsieur ! Vous y allez peut-être aussi ?

Pas de réponse de la part de ce monsieur. Sans attendre davantage, nous avons décidé de chercher ensemble cette fameuse entrée. J’ai ralenti mon pas, qui était bien trop long pour ma nouvelle compagne.

Effectivement, l’autre porte était toute proche et donnait bien sur un vrai café !

La première fois dans un lieu, avec des convives inconnus, est toujours un mélange de gêne et d’interrogations sur l’identité de chacun.

Par contre, ce sentiment a été vite dissipé par la bienveillance de nos hôtes du jour : Claire, infirmière coordinatrice, et Dominique, psychologue clinicienne. Elles nous ont mises à l’aise en se présentant et en nous offrant un café !

Nous étions une dizaine de personnes : il y avait les « fidèles », les « fidèles » qui n’étaient pas venus depuis longtemps, comme le monsieur du parcmètre, et les nouveaux, dont je faisais partie, avec la dame que j’avais rencontrée quelques minutes plus tôt.

Nos hôtes nous ont expliqué que ce rendez-vous est organisé par la Mutualité Française Poitou-Charente et l’Association des Aidants.

Sur Angoulême, le choix d’organiser ce rendez-vous le Samedi matin a été fait afin d’être accessible au plus grand nombre d’entre nous. Eh oui ! Etre aidant a plusieurs visages et plusieurs degrés d’implication. Nous pouvons être époux (se), enfant, ami(e), petits-enfants, voisin(e). Nous pouvons aider une personne malade, un enfant ou un adulte handicapé, une personne âgée.

Ces rendez-vous ont lieu tous les troisièmes samedis du mois et se déploient autour d’un thème particulier.

Ce thème permet aux personnes présentes de pouvoir s’exprimer plus particulièrement sur un aspect de leur vie d’aidant. Nous pouvons aussi aborder tout autre sujet de notre quotidien ou de notre ressenti, tant que nous restons dans le respect du temps de parole de chacun, la confidentialité des situations de nos aidés et, surtout, sans jugement de celui qui prend la parole. Et nous pouvons, aussi, ne rien dire, être à l’écoute, accueillir les sentiments de nos convives et, parfois, nous reconnaître dans leur expérience.

Le thème du mois d’octobre était :

« Emotions et réactions : comment les gérer ? »

Nos hôtes nous ont proposé de choisir, parmi des photos étalées devant nous, celles qui représentaient le plus nos émotions d’aidants. Nous pouvions en choisir plusieurs.

Puis le tour de table a commencé. En partant du témoignage des plus courageux, la conversation a rebondi d’expérience en expérience. Chacun s’est exprimé, et c’est toute la palette d’émotion que l’être humain peut ressentir dans ces contextes qui est apparue : culpabilité, injustice, incompréhension, désarroi face à la vieillesse, la maladie et leurs conséquences. Notre proche n’est plus, et ne sera plus, la personne que nous avons connue, aimée et qui nous a, aussi, parfois, tellement soutenue en d’autres temps.

Autant de situations humainement difficiles et différentes, que nous devons accepter pour les aider à finir, au mieux, leur vie parmi nous, tout en ayant conscience de notre vulnérabilité face à nos propres limites. Une fois celles-ci identifiées et acceptées, il existe des relais extérieurs institutionnels, associatifs et professionnels, pour être soutenus dans notre quotidien et nous permettre de préserver les petits moments de bonheur de vie partagés qui existent encore.

Ce rendez-vous m’a permis de m’exprimer sur mon expérience personnelle, sur mon cheminement dans ce rôle d’aidant, et sur ce que j’ai mis en place pour ma grand-mère. Cela m’a permis d’avoir les retours de mes semblables, de susciter encouragements et questionnements sur leur propre expérience, même pour ceux portés par l’amour de leur proche et qui, malheureusement, ne vivent pas la même chose que moi. Certains se démènent au quotidien, pour maintenir la dignité de la vie, dans l’isolement et, parfois, jusqu’à leur propre épuisement.

En tout cas, je vous recommande ce rendez-vous libérateur et ressourçant.

Nos hôtes ont été à notre écoute, bienveillantes, rassurantes et vigilantes, afin de pouvoir amener un conseil personnalisé à la fin de notre rencontre, à ceux qui se trouvent en grande détresse.

Vous pouvez retrouver plus d’informations ici : http://www.aidants.fr/vous-etes-aidant/participer-action-pres-de-chez-soi/cafe-aidants

Et plus particulièrement pour celui d’Angoulême :

Troisième samedi du mois.

Café la Colombière – 5, rue d’Aguesseau – 16000 Angouleme

http://www.aidants.fr/sites/default/files/cafe_des_aidants_angouleme_2eme_semestre_2017.pdf

 

L’armoire de Gratienne.

Lors de ma réflexion sur l’aménagement intérieur du studio, j’ai naturellement imaginé séparer visuellement l’espace chambre de l’espace séjour, par un grand placard avec double fonction : rangement côté chambre, mur pour soutenir la TV côté séjour. Quelques heures plus tard, j’étais très contente de moi en regardant le résultat sur le logiciel Sketch Up ! J’étais même allée plus loin, en me rendant à Ikea pour voir comment j’allais adapter cette idée avec des modules existants. Plan du logement ok, adaptation existante à Ikea ok, budget défini ok !

J’étais en mode « problème = solution » et je ne m’étais pas du tout interrogée sur ce que voulait faire ma grand-mère de l’armoire qu’elle avait dans sa chambre-à-coucher en région parisienne ! Elle n’a pas tardé à me ramener à sa réalité quand elle m’a posé cette question :

« Magalie, dis-moi, où vas-tu mettre mon armoire ? »

Aussitôt, j’ai compris ma maladresse : je n’avais pas pris en compte l’attachement qu’elle avait pour son armoire.

« Elle est importante pour toi cette armoire, Mamie ?

– Oui, où veux-tu que je range mes vêtements, sinon ?! Et tu sais, c’est avec ton grand-père que nous avons acheté cette chambre-à-coucher ! »

J’ai alors vraiment pris conscience de l’écoute indispensable que je devais porter aux besoins non-exprimés de ma grand-mère ! Pour s’approprier son nouveau lieu de vie, elle avait besoin de retrouver ses repères, et surtout ceux qui ont de l’importance pour elle. Cette importance est forcément d’usage mais elle est surtout un attachement à ses souvenirs.

Je n’ai pas pour autant renoncé à mon idée d’aménagement, qui me semblait être la plus optimale pour délimiter visuellement les différents espaces et faire circuler la lumière. Par contre, j’ai adapté mon idée première pour que cela soit réalisé avec son armoire !

Une fois les travaux du studio finis, place à l’aménagement et surtout à la nouvelle vie de l’armoire de Gratienne !

Toute notre famille a été mise à contribution pendant une journée. Notre challenge : déménager sa chambre de la maison de mon père à son nouveau nid, en intégralité ! Et la première étape de cette journée a été l’adaptation de l’armoire au nouvel espace. 2 planches de bois aux bonnes dimensions, une scie cloche, un support de TV universel, des vis à bois et des vis avec boulons ont été nécessaires pour réaliser une armoire double fonction.

Côté chambre : la fonction rangement.

A l’origine, elle était composée de 3 portes à ouvertures à clés. J’ai choisi d’enlever les portes, afin de gagner de la place entre l’armoire et le lit, et je les ai remplacées par des rideaux. Pratique et esthétique : tout ce que j’aime ! Le passage est peut-être un peu étroit pour ma grand-mère qui n’a plus la marche assurée ; par contre, cela reste très praticable pour les aides à domicile qui s’occupent d’elle, matin et soir. J’aurais gagné de la place si le tour du lit de ma grand–mère avait était moins massif mais, pour cela, nous aurions dû en changer et elle n’était vraiment pas prête à s’en séparer ! Pour le confort de tous, j’ai ajouté de la lumière dans chacune des colonnes ! C’est un éclairage à pile muni d’une cellule. Quand le rideau est fermé, la lumière est éteinte et quand le rideau est ouvert, la lumière s’allume. C’est magique !

Côté salon : un mur décoratif avec sa télévision suspendue !

J’ai fait ce choix pour éviter le meuble TV qui aurait encombré le passage au sol et alourdit l’aménagement d’ensemble de son studio. Pour la touche déco, j’ai mis un papier peint que ma grand–mère avait choisi précédemment parmi 3 modèles. Et pour finir, sur ce « mur » à côté de la TV, nous lui avons installé son horloge et son éphéméride, qui sont vraiment ses objets fétiches d’ancrage dans le temps.

J’ai fini cette journée exténuée et heureuse. Heureuse de pouvoir présenter à Gratienne sa nouvelle maison et heureuse d’avoir partagé cette aventure avec l’ensemble de ma famille. Chacun d’entre nous a donné le meilleur de lui-même sur ce qu’il sait le mieux faire. Merci à vous tous d’avoir rendu cela possible. Pour elle, avant tout, et pour moi, car c’était vraiment ce qui me tenait à cœur.

J’avais à cœur de lui donner l’opportunité de vivre dans un logement pratique, accessible pour elle comme pour les personnes qui lui viennent en aide, mais surtout à son image et à son goût.

Et vous ? Y a-t-il un projet, une action qu’il vous tient vraiment à cœur de réaliser pour vos ainés ?